Xubuntu, je te quitte pour Manjaro

Rédigé par Maxeric - - Aucun commentaire


Avant d'en venir au fait, un petit retour en arrière s'impose, ne serait-ce que pour jeter ce dernier regard, attendri mais sans regret sur les années de vie commune, la plupart du temps heureuses, avant de partir vers d'autres cieux.


Ma véritable rencontre avec toi, chère Ubuntu a eu lieu en 2006 avec la Dapper Drake. Rien que ton nom me faisait envie à l'époque. J'étais déjà utilisateur de logiciels libres et sensible à l'aspect philosophique de ce mouvement. J'étais un utilisateur Windows qui n'en pouvait plus de sa prison à réinstaller tout les 6 mois car s'encrassant trop vite. J'avais un besoin vital de liberté numérique. J'avais d'ailleurs installé un obscure gestionnaire de fenêtre alternatif afin de m'affranchir des limitations du bureau Windows. Malheureusement, mon portable (un IBM Thinkpad Celeron 550 avec 160Mo de RAM) souffrait déjà beaucoup et avait du mal à encaisser ces couches logiciels inutiles.

Je connaissais les Mac, et aimais bien le look de Mac OS (à l'époque). J'avais cependant entendu parler de Linux (je ne connaissais par encore l'importance du GNU). Après pas mal de recherches sur internet, j'avais découvert Mandriva, Knoppix et enfin, la toute jeune et pleine de promesses Ubuntu. Tu étais l'espoir d'un accès facilité aux débutants, de l'économie d'heures de galères sur un périphérique récalcitrant. A l'époque, on pouvait même demander un CD d'installation gratuit qui était envoyé au domicile. Le rêve !

Je me lançais donc plein d'entrain dans ton installation (dans ta version 5.10, dite Breezy Badger)... et retournais immédiatement, le cœur lourd, sous Windows. Impossible de configurer X.org correctement !

C'est donc en juin 2006, armé de ma nouvelle machine (sur laquelle j'écris cet article aujourd'hui - un AMD Athon 3800+ Dual Core 64 bits, 3Go RAM) que je t'installais pour la première fois dans ta robe Dapper Drake (6.06) et découvrais un monde de libertés, d'ouverture. Grâce à toi, plus jamais je ne revins en arrière.

J'ai donc suivi toutes tes évolutions, te voyant grandir, t'améliorer, t'embellir. Je suivais chaque étape, te faisant évoluer via upgrade ou réinstallation au gré de mon humeur. Tout se passait bien, la plupart du temps. Tes LTS n'étaient pas pour moi, je voulais de la nouveauté, te voir dans ta dernière version ! Certes, d'autres distributions me faisaient de l’œil, mais je te restais fidèle, toi qui m'avais affranchi de Windows.

Puis vint Unity. Drôle d'affaire que cela. Gnome 2 n'évoluerait plus. Canonical décidait de faire cavalier seul plutôt que de contribuer à un cousin proche de Gnome 2 comme XFCE. Les raisons n'étaient pas claires à ce moment là. Mais pourquoi pas ! Je tentais l'aventure... peu de temps. Trop lourd, trop lent, moins productif que Gnome 2, je le laissais de côté pour tester Gnome Shell quelques temps (6 mois tout de même). Mais là aussi, la lourdeur de la bête et la nécessité d'installer de multiples plugins pour en faire quelque chose d'efficace eurent raison de ma patience. J'arrivais donc sur XFCE ! Je réaffirmais d'ailleurs ma fidélité à ta famille, mais j'étais désormais adepte de ta saveur Xubuntu, plus légère et plus efficace à mes yeux.

L'introduction des lens dans Unity m'interrogea ensuite. Des informations commençaient à transiter vers des sites extérieurs (Amazon !) pour compléter les recherches. Quid des données personnelles, quel drôle de partenariat...J'étais alors plutôt serein de ma fenêtre Xubunterienne (?!?) mais commençais tout de même à me poser des questions. L'orientation "commerciale" de Ubuntu n'allait-elle pas finir par avoir des conséquences sur ses variantes officielles (dont Xubuntu) ? Pouvais-je être sûr que mes données resteraient en sécurité chez moi ?

Puis vint ce jour où je subis un plantage que je ne voulu pas prendre le temps de résoudre. J’optais pour une réinstallation complète. Je n'avais sous la main que ta version LTS (la 12.04).Je t'installais, sans problème comme d'habitude, et repris mes installations habituelles. Je restais ainsi quelques jours puis me dit que je devrais t'upgrader vers la 12.10. Erreur ! Ecran noir au redémarrage.Réinstallation complète en 13.04 que j'avais dans un coin ; ré-installations habituelles.Je me dis alors qu'il était peut-être temps de s'intéresser sérieusement à ce qui ce fait ailleurs, sans réelle idée de te quitter. Plutôt envie de tester de nouvelles choses.

J'avais déjà testé d'autres distributions sur mon laptoposaure (Debian, Lubuntu, ToutouLinux, Slitaz, Fedora, OpenSuse...) mais je recherchais quelque chose qui allait éveiller en moi le même intérêt que toi à nos débuts. Je fouillais le net, guettant les avis des utilisateurs sur telle ou telle distribution, différente de ce que je connaissais (j'éliminais donc immédiatement Debian et toutes ses dérivées). Arch Linux semblait correspondre à mes attentes : rolling release, logiciels en version récente, principe KISS, tout y était. Sauf que je n'avais pas le temps de m'investir autant que nécessaire ; une Arch, ça se mérite ! (bon, c'est pas une Gentoo non plus hein !)

 

C'est alors que je découvris Manjaro

Manjaro, c'est un peu la Ubuntu de Arch Linux : l'installation est assistée, des outils graphiques disponibles pour l'installation et la mise à jour des paquets. Tout ça me paraissait fort intéressant mais le projet étant jeune, je me disais que j'allais tester et te conserver comme système principal.


 Mais ça, c'était avant ton dernier mouvement d'humeur...

Je m'aperçus donc un matin que je ne bénéficiais plus des mises à jours de sécurité (celles-ci se terminaient le 27 janvier 2014). Je décidais donc de te mettre à jour (un upgrade quoi !) qui se passa bien, une nouvelle fois, jusqu'au redémarrage où, là encore, écran noir !!! Jusqu'à présent, je procédais toujours de la même manière : passage à chaque nouvelle version, tous les 6 mois, un coup par upgrade, un coup par réinstallation totale. Je n'avais jamais eu de problème et là, plantage deux fois de suite, sur deux versions différentes, basées sur des installations fraîches ! Pour une distribution mature, tu étais bien capricieuse et moi bien las de ces caprices. Cette fois-ci, je te quittais !

 

En avant pour l'aventure Manjaro

Je procédais donc à l'installation de Manjaro. Je vous passe les détails du processus, le wiki l'explique très bien.Un fois sur le bureau je n'étais pas dépaysé : XFCE, agrémenté du menu Whisker (certains diront, aromatisé à Windows XP) assez efficace. La différence ? Un lancement bien plus rapide que Xubuntu et une extinction éclair !

Ses avantages :

        
  • plus rapide à l'usage que Xubuntu
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  • rolling release
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  • logiciels récents
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  • très stable
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  • principes KISS : pas de logiciels inutiles, c'est l'utilisateur qui installe ce dont il a besoin après l'installation de base
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  • logithèque très large
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  • pas besoin d'ajouter des ppa comme sous Ubuntu ; AUR est là
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  • mises à jours quotidiennes
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  • rend Arch Linux accessible au commun des mortels

Ses inconvénients (parce qu'il faut en trouver, non ?) :
        
  • pas de "Logithèque" comme la famille Ubuntu afin de faciliter l'accès aux logiciels
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  • mon imprimante HP n'a pas été reconnue "out of the box" : après installation des drivers HPLIB, plus aucun problème
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  • Ben... pour l'instant, c'est tout !
Cela fait maintenant deux semaines que Manjaro et moi cohabitons. Pour l'instant, je crois bien avoir trouvé la distribution qu'il me fallait !Quelques liens : le forum, le wiki, le blog, le site officiel.


Utilisateur de GNU/Linux depuis 2006 (Ubuntu, Xubuntu, Debian, Mint et maintenant Manjaro).
Très sensible aux questions de vie privée, technophile averti, humain avant tout.
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