Ubuntu : pourquoi j'y reste fidèle (mais pas à Unity)

Rédigé par Maxeric - - Aucun commentaire


Dans le milieu Linuxien, il a toujours été de bon ton d'entretenir des guerres intestines stériles (elle le sont toujours non ?). On a donc pu assister aux rivalités et joutes verbales pour savoir qui était le meilleur entre Gnome & KDE, qui apportait le plus à l'autre entre Ubuntu & Debian, qui était le plus destiné aux débutants entre Ubuntu & Fedora...


La liberté : avoir le choix de faire des compromis ?


Bref, chez les libristes (enfin, les plus barbus d'entre eux), c'est un sport national que de descendre un autre projet libre quand il ne correspond pas à ses critères de qualité (le plus souvent la notion, floue, de liberté de l'utilisateur). Plutôt que de s'unir face à un "ennemi" commun (Microsoft a été souvent celui-là), de déployer des efforts dans les projets les plus populaires afin de proposer une vraie alternative, le linuxien moyen préfère abandonner le logiciel, la distribution (rayer la mention inutile) qu'il juge insuffisamment pure. Résultat ? Le libre en reste, le plus souvent, à imiter les logiciels propriétaires, proposer une alternative moyenne plutôt que d'être innovant, avec des fonctionnalités exclusives, faute à une communauté qui déserte en fonction de l'orientation adoptée. Bien sûr, quelques contre exemples existent (Firefox, LibreOffice, Blender...) mais ils sont les arbres qui cachent la forêt de projets.


Ubuntu : petit retour en arrière


Nous nous trompons pas : parfois, l'orientation prise par certains projets n'est pas plaisante et il ne faut pas soutenir pour soutenir, mais en même temps, il ne faut pas non plus faire de procès d'intention à tout bout de champ !Ubuntu est une distribution coutumière du fait. Basée sur Debian, LA distribution GNU/Linux Libre, elle a essuyé les foudres des Linuxiens historiques (ceux qui pensent que le clic de souris est l'expression de satan dans l'Eden de la ligne de commande) très tôt dans sa jeune vie.Comment ? Une distribution orientée débutant, avec des assistants graphiques, avec une gestion à la souris ? Non mais ça va pas bien ? L'informatique se fait au clavier !!! Les débutants ne savent pas apprécier la valeur des choses ; ils ne comprennent pas que parvenir  à installer le driver de son imprimante de grande série après 10h d'effort est le plaisir suprême ! Et puis, avec ça, on risque de devenir plus nombreux et passer la barre des 1% d'utilisateurs !!!C'est sûr qu'avec cette approche, on va permettre au plus grand nombre de s'affranchir des Microsoft/Apple, reprendre la maître de son matériel, assurer la pérennité de ses données...Une fois cette première étape franchie, Ubuntu a vu sa popularité augmenter au point de devenir LA distribution la plus utilisée par les Linuxiens, grâce notamment à l'arrivée de nouveaux utilisateurs qui n'étaient plus stoppés par la difficulté d'installation / utilisation (pour moi, c'était en 2006 avec Dapper Drake). Pour la première fois, on pouvait voir fleurir des articles dans la presse informatique généraliste à propos d'une distribution Linux : quelle bouffée d'oxygène, quel espoir ! Celle que l'on trouvait, dans les milieux "extrémistes", pas assez libre, faisait ce qu'aucune autre distribution avant elle n'a jamais fait : elle avait fait les bons compromis, lui permettant d'agrandir la communauté GNU/Linux et permettait à beaucoup de sortir du joug de Microsoft.Preuve de son succès, des variantes ont fleuri (Linux Mint, Voyager...), capitalisant sur le travail réalisé.Canonical a continué son travailBref, Ubuntu, j'y reste fidèle pour sa qualité, sa facilité et pour tout ce qu'elle a apporté au libre depuis sa création.

Utilisateur de GNU/Linux depuis 2006 (Ubuntu, Xubuntu, Debian, Mint et maintenant Manjaro).
Très sensible aux questions de vie privée, technophile averti, humain avant tout.
Membre de l'April , soutien mensuel de La Quadrature du Net.
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